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Retour de voyage : la déprime (spécial humour)

"Retour de voyage : la déprime", article spécial humour rédigé par @Lucile Teillet, une voyageuse qui revient de plusieurs mois de voyage, exclusivement pour Yogis on Roadtrip :

Le retour de voyage

Retour de voyage : la déprime

« Le jour J. C’est aujourd’hui, c’est maintenant, c’est tout de suite, it’s happening. Fin de mon voyage. The end. Finito. Capout. Game over. Ciao bye bye. Fermer boutique.

Je suis à l’aéroport en tête à tête avec mon plus fidèle compagnon, mon énorme sac encore boueux et usé par toutes nos traversées.

L’embarquement est dans une heure. Encore une heure pour m’aider à réaliser, repenser à toutes mes galères de voyage, appréhender et méditer mon come back à la réalité... Ouais bon en fait non, Netflix c’est bien aussi.

Retrouver sa famille après un voyage

« Mesdames et messieurs, nous venons d’atterrir à l’aéroport Charles de De Gaulle, il est 16h, la température extérieure est de 7 degrés.. » je fixe mes tongues en criant intérieurement « QUOIIIIIIII ??? »
Message de mamounette: « on est là ma chérie! »
Un agent de l’aéroport; « Bonjour, bienvenue à Paris !» j’ai envie de répondre « oui merci je sais, ta gueule ! »
Séance retrouvailles : gros calin familial. Et la séance interrogatoire commence:
« Alooooors, contente d’être rentrée ? Triste d’être partie ? Tu veux faire quoi ? Tu veux manger quelque chose en particulier ? T’as pas froid en tongue comme ça ? » Mais laissez-moi tranquiiiiille, laissez-moi vivre ma dépression en paix !


C’est sur le trajet du retour, tête appuyée contre la fenêtre, paysage urbain défilant que je ressens la grosse claque.
Où sont les cocotiers ? Où sont le soleil et la calor ? Où sont les « holaaaaa, ariba ariba, que tal chiquita olé olé » ? (C’est pas vrai, personne ne dit ça comme ça, mais c’est pour faire le contraste avec Paris). Où sont les chansons latinas, la guitare et le bruit des sequins qui jaillissent et rebondissent sur les costumes des danseuses ?

Le seul bruit que j’entends là, c’est le claquement de mes tongues dans les flaques d’eau.

Je perds la boule, mon cœur chamboule, « qu’est-ce que je fous là déjà ? Pourquoi je suis pas restée là où il faisait si bon vivre ? ».


Tout le monde a beau dire (moi la première): « C’est si stressant mais si bon de perdre ses repères et quitter sa zone de confort pour enfin se retrouver en phase avec soi-même et savoir qui on est réellement». 

Retour d'un long voyage

Retour à la maison après un long voyage

Ok soit, mais quand je la retrouve ma zone de confort, en l’occurrence, ma maison, en l’occurrence, la maison de ma mère, en l’occurrence, j’ai pas d’autre choix parce que oui, je suis, en l’occurrence, sur la paille, à sec, walou (mais en fait ma richesse est à l’interieuranh, t’as capté) je ressens quand même un gros de soulagement !


SURTOUT quand, mon cœur battant la chamade, j’ouvre la porte du frigo comme si j’ouvrais la caverne d’Ali baba, et là, mes yeux s’écarquillent et scintillent, ma bouche s’entrouvre et laisse un filet de bave couler le long de ma bouche.

Wow ! De l’or ! Euh du FROMAAAAAGE et tant d’autres trésors que mon estomac, pauvre de lui, réclame depuis si longtemps.
Mais aussi quand je retrouve ma chambre, et surtout mon intimité, que j’avais perdu en Argentine le jour où j’ai découvert mes cinq compagnons de dortoir et notre douche sans porte ! 

Adieu chères cabanes construites grâce à mes serviettes toutes humides, Adieu lits grinçants et couvertures qui grattent, Adieu Carlos, ronfleur-qui-donne-des-envies-de-meurtre, Adieu Linda-qui-se-croit-chez-sa-mère-en-allumant-les-lumières-au-milieu-de-la-nuit. Adieu monde cruel (ouais bon, pas si cruel que ça non plus).
J’ai envie de me mettre toute nue, sauter sur mon lit douillet, et faire l’ange comme dans la neige.

Sans parler du bonheur de prendre une douche digne de ce nom, sans te faire fouetter par le jet ou au contraire chercher la goutte, sans araignées ni tuyau qui fuit. Et l’eau chaude existe encore, Hallelujah !
Et oui évidemment, je suis triste d’avoir quitté Roberto, Marta, Johnny, José, Pedro, Mariana, Margarita, Tequila, Caïpirinha, Fiesta Loca et compagnie mais si heureuse de revoir mes amies et frimer en racontant mes aventures « ouais j’ai fait des poses de yoga en haut du Machu-picchu ouais. J’ai aussi dormi dans un hamac, dans la forêt d’Amazonie, bercée par l’écho du grognement d’un tigre et après avoir survécu à l’attaque d’un alligator ouais, mais fin j’veux dire, c’est rien comparé à la route de la mort en Bolivie… »

Jeune femme aventurière

Retour à la réalité après un voyage

Tout roule jusqu’à ce que la réalité trouve que ça roule un peu trop bien et décide, sans me consulter, de me faire une piqûre de rappel.


La réalité c’est d’abord, ma mère: « bon c’est quand que tu trouves un boulot ? Je te rappelle que t’as pas un rond là, c’est fini les vacances, c’est la vraie vie là ».


La réalité continue dans mon lit avant de m’endormir, quand mon cerveau est en ébullition « faut que je trouve un taff, ouais mais quoi ? Un taff alimentaire le temps de renflouer mes bourses, ouais mais vazy j’ai pas envie, ouais mais t’as pas le choix en fait, bah si, je peux repartir en voyage, c’est super immature ça Lucile, et avec quel argent hein? Certes, bon vazy demain, je cherche. Ou après-demain ».

Carlos et Linda me manquent tout à coup.

Le temps passe, je revois mes amies, et cette fois-ci c’est elles qui font les frimeuses « ouais j’ai signé un CDI, ah et regardez la bague qu’Antoine m’a offert pour nos fiançailles, du coup, on va bientôt s’installer ensemble parce que SURPRIIIISE, je suis enceinte ! »
Ah d’accord. Moi je vis toujours chez ma mère, sans un sou, mon seul date c’est mon conseiller pôle emploi, je n’ai pas de bague mais un bracelet moche en tissu à la cheville qui vient du Chili, que je ne veux pas retirer sinon mon vœu ne se réalisera pas. Et mon bide est rempli de fromage. Et de baguettes. Au oui, et de bières.

Mais comme le dit si bien Tonton David: « Chacun sa route, chacun son chemin. J’ai besoin d’air, besoin de liberté. Je dois être le fou comme je ne suis pas cavalier. À chacun son mouv’, à chacun sa galère, les chemins où tu ris sont les mêmes que ceux où tu pleures, la vie est une aventure où il ne faut pas avoir peur ! »

Retour de voyage retour d'expérience


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