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Yoga en prison : enseignement d'une prof de yoga pas comme les autres

Myriam Krief, fondatrice de "Yogartdevivre", enseigne le Yoga à Nantes et en mer ! Son voyage « Lever les Voiles » a permis à des personnes incarcérées de quitter les murs de la détention pour partir en mer avec elle et suivre pendant toute une semaine les enseignements du Yoga sur la confiance. À bord avec elle, d’autres personnes, extérieures au monde carcéral, ont pu participer à ce voyage pour favoriser la mixité des parcours. Ce voyage en mer s’est fait sans officier pénitentiaire pour l’accompagner.

J’ai voulu interviewer Myriam pour en savoir plus…

Yoga en prison : interview d'une prof de yoga pas comme les autres

prof de yoga enseigne en prison à des détenus

Crédit photo : Linda BELLIOT 

Qu’est-ce qui vous a amené à devenir professeur de Yoga pour des personnes détenues en prison ?

Mon parcours, un appel. J’enseignais déjà à des personnes sans domicile fixe. 

Quelle a été la réaction des personnes détenues à la première séance ?

La surprise, je crois, qu’une femme accepte de s’enfermer avec eux dans des conditions pas très confortables pour partager le Yoga. De la curiosité aussi pour ma philosophie et mon mode de vie souvent très éloignés de leurs expériences.   

Pourquoi ce voyage en mer ? Comment en êtes-vous arrivée à conduire ce stage de Yoga inédit ?

Je suis responsable des séances de Yoga dans une prison depuis cinq ans. J’ai voulu aller plus loin en proposant un stage qui permettrait aux personnes détenues de vivre leur pratique avec des personnes extérieures à l’univers carcéral. Très rapidement des membres de ma communauté m’ont suivie. Partir en mer était évident pour moi. Le bateau reproduit les conditions de la vie en ashram, avec sa communauté de vie, mais avec une dimension supplémentaire, on ne peut pas s’en aller quand on est à bord. Le bateau contient, il vous donne un cadre autant qu’il vous appelle à votre propre liberté. La mer est un chemin de discipline, d’humilité et de liberté, comme le Yoga.

 enseigner le yoga à des détenus de prison bateau

Crédit photo : Edouard RICHARD

Vous êtes allée jusqu’à vous embarquer avec eux toute une semaine sans officier pénitentiaire. Ces hommes ne sont pas des enfants de chœur, vous êtes une femme, vous n’avez donc jamais peur ?

Si, bien sur, dans le milieu carcéral tout peut basculer d’une seconde à l’autre. C’est une réalité à accepter. Il n’y a pas de surveillant avec moi pendant les séances en détention, je ne souhaitais pas plus être accompagnée pendant ce voyage. Pour quoi faire ? Où serait la confiance ? La confiance que j’avais en eux et qu’ils avaient en moi fondait tout l’enseignement de ce voyage. J’ai confiance. Ernest Hemingway nous le rappelle “ le meilleur moyen de savoir si tu peux faire confiance à quelqu’un, c’est de lui faire confiance.“. Je leur ai fait confiance en les mêlant à ma propre communauté. La personne à laquelle vous donnez pleinement votre confiance prend conscience de la valeur que vous lui accordez. Cela participe à la construction, ou à la réparation, de soi. On ne fait rien sans confiance.

 enseigner le yoga à des détenus de prison

Crédit photo : Edouard RICHARD

Pourquoi enseignez-vous le Yoga ?

Parce que le Yoga nous ouvre à la réalité. Nous vivons dans des illusions qui nous font croire que la vie est une lutte, que la valeur d’un homme est reliée à la place qu’il occupe dans la société, que l’autre est un étranger, et d’autres illusions encore. La vie devient intelligible quand vous cessez de penser avec votre tête et que les voiles se lèvent peu à peu sur ces illusions. C’est la voie du Yoga. Elle demande du courage et de la compassion parce qu’elle nous met face à nos croyances limitantes, à nos peurs et à nos blessures.  

Qu’avez-vous entendu de plus «cliché » autour de vous depuis que vous intervenez en prison ?

J’entends régulièrement « Pourquoi des détenus longue peine ? Il y a d’autres personnes à aider avant eux ». Ce n’est pas ce à quoi je crois. Nous sommes les mêmes derrière des parcours qui peuvent être très différents. Il n’y a pas de sélection à faire avant de pratiquer ensemble. Les comportements peuvent ne pas être aimables, ils peuvent même être très lourds, mais il y aura toujours un homme derrière un comportement. Il n’y a pas pour autant de posture de sauveur. « Lever les Voiles » c'est faire quelque chose avec quelqu’un, ce n’est pas faire quelque chose pour quelqu’un. 

Êtes-vous idéaliste ? L’idéal est-il important pour un Yogi ?

Je n’ai pas besoin de rêver d’une société meilleure, je  sais que le meilleur est déjà présent en chacun de nous. C’est notre nature profonde. J’ai rencontré en prison des hommes très violents qui peuvent se montrer aussi très vulnérables, sensibles et attentifs. Tout cohabite, tout contient son contraire. La violence contient déjà la paix. Le manque d’amour, qui est à l’origine de nombreuses déroutes, contient déjà la possibilité d’aimer et d’être aimé. 

Vous parlez beaucoup de foi dans votre enseignement, en qui ou en quoi croyez-vous ?

Je crois en l’être humain, parce que c’est en lui que se trouve toutes les réponses et parce qu’il est divinement complet derrière les apparences.  

Avez-vous d’autres projets de voyage ?

Oui, bien sur, je vais donner des retraites, au Maroc, en Islande, et je prépare aussi une nouvelle édition de "Lever les Voiles".

Retrouvez Myriam sur sa page Facebook.

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Crédit photo : Edouard RICHARD


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