Retour de voyage : 3 choses qui ont changé

"Retour de voyage : 3 choses qui ont changé", récit de voyage rédigé par Mai Loan, une voyageuse expérimentée aussi connue sous le pseudo instagram @mailoisinoz, exclusivement pour Yogis on Roadtrip.

voyager en soloJe m’appelle Mai Loan et en 2014 j’ai pris un billet d’avion direction Brisbane en Australie, un voyage seule sans retour. Mon plan était de rester 2 ans pour étudier. Finalement, comme n’importe quel plan en voyage, j’ai décidé de changer.

Au lieu de rester 2 ans en tant qu’étudiante, je suis restée étudier 1 an et demi puis je suis restée 1 an en PVT (Visa).

Voyager solo : " je me suis réconciliée avec la France"

Avant de partir en voyage seule, j’avais la critique facile envers la France : « Les français sont cons », « tout est lent en France », « on est en retard », « Tous les politiques sont nuls » etc. (Et ne me lancez surtout pas sur le sujet de l’administration française !) 

Et bien finalement… A mon retour de voyage, après 3 ans à l’étranger, j’ai compris que tout n’était pas à jeter dans notre beau pays, notamment l’accès à la santé et à l’école (et oui, si tu veux être soigné et éduqué en Australie, t’as intérêt à être riche). Et puis la gastronomie aussi ! Mon dieu, j’avais oublié que le bon pain, le fromage et les pâtisseries n’étaient pas dus partout !

J’ai appris à être reconnaissante.

Et oui, pas si mal la France finalement.

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(moi devant une boulangerie en France à mon retour de voyage)

Partir voyager seule : ouverture d'esprit

Bon d’accord, vous allez me dire que c’est cliché, certes. Mais c’est tellement vrai : voyager ouvre l'esprit. Je me souviens qu’avant de partir seule en voyage, j’avais une coloc italienne. Elle me disait qu’elle apprenait le Français mais qu’elle avait encore un petit niveau. Je me souviens alors m’être dit « je vais lui parler comme je parle à tout le monde et si elle ne comprend pas, elle me demandera de répéter, voilà tout ! »

Et bien en fait elle ne faisait que de m’éviter car elle était gênée de parler en français avec moi. Je me disais que c’était dommage et que ce n’était pas comme ça qu’elle allait apprendre une nouvelle langue.

Et bien quand c’était à mon tour de parler à mes colocs’ en anglais et qu’ils parlaient super vite, je peux vous dire que j’ai vite compris le malaise. Ce sentiment d’infériorité que tu ressens quand tu demandes à quelqu’un de répéter 10 fois…

Aujourd’hui, après mon retour de voyage, je peux te dire qu’au lieu de juger les gens qui ne parlent pas bien Français et qui l’apprennent, je les admire. (Surtout que le Français est bien plus compliqué que l’anglais).

Au-delà de la langue, les rencontres avec les Australiens mais aussi les backpackers et étudiants étrangers (notamment des colombiens, des brésiliens, des chinois, des italiens…) m’ont permis de confronter mes idées toutes faites.

Je pense notamment à toutes ces discussions que j’ai eu avec des Chinois sur le régime politique mis en place là-bas. J’ai bien compris que certains médias nous racontent bien ce qu’ils veulent. Après plusieurs conversations mouvementées, j’ai aussi compris pourquoi on m’en voulait quand j’appelais mes amis Taiwanais des « Chinese people ». Le conflit entre ces peuples n’était pas forcément ce qui m’intéressait le plus quand j’étais dans ma petite chambre à Paris, centrée sur mes problèmes d’européenne. A ce moment là je me suis vraiment dit : "waouh, voyager seul ouvre l'esprit". Je me suis aussi faite des amis de Dubaï qui m’expliquaient dans le plus grand des calmes comment leurs familles avaient des esclaves qui travaillaient pour eux. Dans ces cas là, tu ne peux pas juste t’énerver et crier au scandale. C’est ton ami, et tu es obligé de (au moins essayer) comprendre leur mode de vie.

Ce ne sont là que des exemples parmi d’autres, mais ils reflètent bien à quel point mes sujets de conversation étaient différents (j’insiste, je dis bien « différents » et pas « meilleurs ») de ce que je peux avoir en France. Quand on voyage solo, c'est avoir une ouverture d'esprit, surtout si on est ouvert au changement.

Faire le tour du monde : une expérience positive ?

Avant de partir en voyage seule, j’avais l’impression que le projet de partir si loin pendant 2 ans était le projet de ma vie. Une fois que tu es de retour du voyage, tu te rends compte que ce n’était pas si compliqué que ça, tu te rends compte à quel point voyager seule ouvre l'esprit et tu te surprends à penser à mener des plus gros projets encore. Ça a commencé dès le moment où j’ai décidé de rester 3 ans au lieu de 2 ans.

 

« Pourquoi je ne partirai pas quelques temps en Argentine ? » « Je vais commencer à travailler en freelance ! » « Pourquoi est-ce que je ne monterais pas ma propre entreprise ? »

 

Et oui, voyager seul ouvre l'esprit mais pas que ! Voyager en solo m’a aussi permis de développer ma fibre entrepreneuriale ! Comme il est difficile de trouver un CDI dans ta branche en PVT, j’ai développé pendant mon séjour là-bas mon activité de freelance en marketing digital. J’ai également créé mon entreprise (voir ici) qui aide les voyageurs français à démarrer leur aventure en Australie en les accompagnant dans toutes les démarches administratives relou à faire au début. Je donne donc des conseils voyage. Ça m’a permis de vaincre le manque de confiance en moi, de rencontrer plein de gens et de me surpasser. Oui, partir seul en voyage ça forme.

 

En plus de tout ça, suite à mon retour de voyage, je suis devenue moins timide (obligée quand tu parles pas bien anglais, il y a un moment donné, tu n’as pas d’autres choix que de te lancer même si tu fais des erreurs). J’ai coupé le cordon ombilical avec mes parents, et j’ai appris que la peur ne devait pas être un frein à mes projets.

Et pour tout ça, je ne le dirais jamais assez : Merci l’Australie.

 

En savoir plus : 

1 commentaire

Je te remercie pour cette article. J’aime ta façon d’écrire qui te rends accessible et authentique :)

Claire MICALLEF 13 février 2019

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